Les remakes

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Sous peu, de grands classiques que la PS1 vont pointer le bout de leurs nez, Parappa the rapper et Crash Bandicoot, mais en remake. Eh oui, à l’instar du cinéma, le jeu vidéo aussi à le droit à ses remakes. Véritable déferlement popularisé à la 7e génération, décidément une génération charnière, favorise davantage le fameux « les jeux vidéos, c’étaient mieux avant ». Il est vrai qu’il est séduisant de nous reproposer une expérience qu’on a apprécié mais remise au goût du jour. Seulement, les joueurs râlent (encore)… Souvent qualifié de paresse pour faire de l’argent facile, les remakes ont pourtant bien plus à offrir. Mais quels jeux méritent un remake ? Quels en sont les enjeux ? Et surtout, à quel moment et pourquoi un jeu se doit de «revenir» ?

Dissocions les choses

Avant d’entamer le sujet, il est important de poser les bases. En effet, il y a de quoi se perdre entre remake, remaster, portage, et reboot. Dans tous les cas, il s’agit de reprendre le matériau de base et le ressortir. Cependant, chacun propose une expérience différente :
– le remake, c’est reprendre un jeu et le refaire intégralement. Que ce soit au niveau des graphismes, du game design, et du gameplay.
– le remaster, c’est exactement le même jeu avec des graphismes légèrement plus fins et un framerate amélioré. Un lifting en somme…
– le portage, c’est exactement le même jeu, mais ressortis sur un autre hardware.
– le reboot, ça consiste à prendre une licence et réécrire les origines, une sorte de « avant le début »

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Notons que tous ces termes sont aussi valables et applicables au cinéma, art dont le jeu vidéo tend à atteindre le prestige et la reconnaissance. En outre, la « facilité » de faire un remake pour les développeurs est toutes relative.

Les enjeux du dépoussiérage

Une foi l’aspect économique mis à part (car oui, les éditeurs ne mettrons jamais leurs billets sur la table juste pour vos beaux yeux et l’amour de l’art), il s’agit à la foi de retranscrire l’essence d’une œuvre, ce qui la définit en tant que telle, en l’adaptant aux standards et gameplay actuel. A titre d’exemple, Pacman fut une petite révolution à son époque, l’un des premiers jeux à intégrer la notion d’intelligence artificielle. Et, entre 1980 et aujourd’hui, les codes du jeux ont évolués, ainsi que les goûts. Il est donc difficile d’extraire toute la quintessence du jeu, la réadapter, sans trop s’éloigner de l’œuvre originale. Le risque de dénaturer un titre est donc bel et bien présent.
Il est d’ailleurs fort probable que certains remakes soient considérés comme bons AUSSI parce qu’ils jouent sur la corde sensible de la nostalgie.

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Pourquoi faire un remake ?

Il consiste à rendre accessible à un nouveau publique un jeu daté et vieillissant. Comme pour le cinéma, cela implique donc que la sphère vidéoludique a d’ores et déjà ses classiques. Pourtant, ce média est encore bien jeune en comparaison du 7e art, qui a aujourd’hui plus de 125 ans. Et les premiers remakes vidéoludiques sont apparue dans les années 90 avec Super Mario all-stars. Ce qui peut sembler assez récent, mais l’évolution technologique est telle qu’il est bien difficile aujourd’hui de rejouer à d’ancien titre. Outre l’aspect matériel, à titre d’exemple, essayez de rejouer à Zelda Ocarina of Time sur N64. Soyez-en assurés, la version 3DS était la bienvenue à sa sortie. De plus, le remake est aussi l’occasion de redonner une chnace à un titre n’ayant pas eu le succès escompté à sortie. Les causes peuvent être nombreuses : concurrence écrasante, mauvais campagne marketing, console ayant peu sucité l’intérêt du publique, etc.

Les bons remakes, et… Les autres

Tout d’abord, il est important de dissocier le bon jeu et le bon remake. Encore une foi, ce n’est pas simple. Trop refaire comme le jeu d’origine, et le remake sera qualifié de coquille vide et inutile. Trop s’en éloigner, et on sera plus proche d’un hommage. En conséquence, un titre peut donc être un bon jeu, mais un mauvais remake, et inversement… Les frontières sont assez floues. Il est donc aisé de faire un mauvais pas et «salir» le matériau d’origine. Tout est question de dosage. Il y a eu de bonnes réussites tel Metroid Zero mission, Tomb Raider Anniversary, Pokemon ROSA…


Évidemment, dans un soucis d’intérêt financier, seuls les jeux ayant eu un minimum de succès critique ou commerciale seront remakés. C’est évidemment plus facile, car le jeu a déjà sa communauté et ses adeptes. Et c’est peut-être là le principale défaut finalement. En effet, partir d’un bon jeu, c’est plus facile que démarrer de rien. Une partie du travail est déjà faite, c’est probablement l’une des raisons pour lesquelles la communauté a tendance à être plus sévère avec un remake qu’un jeu nouveau. Relevons qu’il y a assez peu de raté dans cette catégorie. On peut tout de même cité Flashback, GoldenEye 007 Reloaded, ou Karateka qui ne semblent pas avoir recueilli un bon succès critique. Souvent, la faute à un gameplay justement trop resté dans son temps…

Soyons relativistes

Le remake est donc un processus créatif qui se vaut, malgré qu’il n’ait pas toujours bonne réputation… Notons cependant qu’ils sont, dans le milieu du jeu vidéo, bien mieux reçus que leurs équivalents cinématographiques. En outre, les mauvais remakes sont bien plus légions au 7e art que dans la sphère vidéoludique. Mais encore une foi, il suffit de ne pas acheter pour ne pas encourager. Après tout, les éditeurs ne font que suivre les standards que vous imposez avec vos achats. Néanmoins, il est enrichissant, voir surprenant, de rejouer à un jeu qu’on a adoré plus jeune, et d’essayer ensuite son remake. Vous découvrirez probablement que la nostalgie est y pour beaucoup dans votre jugement.

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