Les DLC

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« Les jeux vidéo, c’étaient mieux avant ! ». Je suis sûr que si le jeu vidéo vous intéressent un temps soit peu, vous avez déjà entendu ces paroles. Voir, vous les avez peut-être même prononcés avec la plus grande conviction qui vous anime. Est-ce une douce et tendre nostalgie teintée de son 8 ou 16 bits qui vous font tenir ces propos ? Peut-être… Mais il est parfois bon de prendre un peu de recul vis-à-vis de ses impérissables souvenirs, et faire preuve d’un peu d’esprit critique. Parmi les raisons qui poussent les plus nostalgiques à faire d’un étendard la phrase cité plus tôt, une philosophie même, l’une des plus récurrente, c’est les DLC.

Le principe

Non, ce n’est pas la Date Limite de Consommation (en théorie, un jeu ne se périme pas). C’est l’abréviation de « Downloadable Content », qui signifie Contenu téléchargeable. Le principe, si vous achetez un jeu, en physique ou dématérialisé, l’éditeur peut mettre à la disposition des joueurs un contenu supplémentaire (gratuit ou payant, mais payant la plupart du temps). Celui-ci vous permettra d’étendre l’aventure et jouer davantage à votre jeu. Sur le papier, l’idée parait très séduisante. Seulement, on assiste à une véritable levée de bouclier contre ce modèle économique très critiqué.

 

Les raisons d’une telle haine

C’est vrai que parfois, il y a de quoi… Tout simplement parce que depuis l’adoption de cette «mode» qui a littéralement explosée à l’arrivée de la 7ème génération et la démocratisation des console et PC connectés à internet. Certains éditeurs se permettent de nous livrer des jeux en kit ou incomplets. On notera la fin payante de Destiny, les onéreuses Fatalities de Mortal Kombat X, ou un contenu scandaleusement vide de Star Wars Battlefront… Bref, les exemples sont nombreux et il serait peu utile de tous les citer. Nous parlons tout de même de contenu à plus de 30€, soit la moitié du prix du jeu ! Quelles pratiques malhonnêtes et outrancières, surtout sur des consoles disposant d’un mode online payant. Notons par ailleurs l’ironie quand l’éditeur se permet de ressortir ledit jeu avec tous ses DLC en l’appelant souvent «Definitive Edition». Certains éditeurs estiment ces mêmes contenus supplémentaires comme un réelle plus-value à un point tel qu’ils les glissent dans les versions collector ou vendent un Season Pass.

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Les joueurs des années 90 vont avoir mal à leur rétro, mais, si nous en somme là, ce n’est que la conséquence logique de ce qu’il se passait avant. Eh bien oui, quand on nous sortait Street Fighter II, puis Street Fighter II Turbo, Ensuit Super Street Fighter II Turbo… N’oublions pas qu’un jeu à l’époque, c’était 500 francs, soit environ 75€ sans prendre en compte l’inflation. Et il y a d’autres titres qui adoptaient cette méthode marketing…
Cette pratique est donc directement héritée des multiples sorties d’un même jeu (en légèrement améliorer à chaque foi) dans les années 90, considérées comme l’âge d’or du jeu vidéo. Et encore, soyons relativiste, aujourd’hui, au moins, nous ne sommes pas obligés de repayer un jeu neuf plein pot si on veut profiter des ajouts.

Mais alors, est-ce vraiment de l’arnaque ?

Eh bien, pas tant que ça… Certes, certains éditeurs prennent clairement les joueurs pour des vaches à lait. Mais d’autres ont le bon goût de proposer un réel contenu pour un prix plutôt honnête. On pense notamment à Hyrule Warrior, Mario Kart 8, Naruto Storm… Mais tous ces jeux ont un point en commun, dès leur sortie, le titre proposait une expérience suffisamment conséquente pour être considéré comme complet. Et surtout, aucun des DLC proposés n’est indispensable pour apprécier/terminer l’aventure. Un autre aspect, c’est de relancer régulièrement l’intérêt d’un jeu via ses mises à jour. Eh oui, par exemple, quand vous jouez à jeu depuis 3 mois, il est possible qu’au bout d’un moment, vous commenciez à tourner en rond… Et là, mise à jour du jeu, nouvelles armes, nouvelles maps, nouveau modes, etc… Ici, le cas d’école, c’est Splatoon sur Wii U. Et c’est d’autant plus appréciable quand c’est gratuit ET que le jeu n’est pas chère à la base. De plus, pour l’éditeur, c’est une belle occasion marketing de relancer un jeu dans l’actualité.

La bonne attitude à adopter

Si vous ne voulez pas soutenir ce modèle économique, n’acheter surtout pas les DLC. Et si vous voulez aller encore plus loin, n’achetez tout simplement pas le jeu. Ou alors faîtes preuve de patience, et attendez un Ultimate/Definitive Edition. Néanmoins, si vous estimez et appréciez suffisamment un jeu, et que les DLC proposés sont honnêtes, pourquoi pas…

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Il faut cependant noter que l’acquisition d’un contenu additionnel, c’est quelque chose d’immatériel. Ce n’est pas inscrit dans le disque du jeu. C’est donc quelque part une forme de dématérialisation du jeu vidéo qui est encouragée de cette façon. Qu’est-ce que la dématérialisation, et donc l’abandon progressif du support physique apporteront à la sphère vidéoludique ? Voici quelques pistes de réflexion ici

 

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