Jeu indé de la semaine : The Witness

Written by on 4 février 2016

La chronique de Murdoc

Sortie phare du monde indé, difficile sinon impossible de passer à côté de The Witness. Sept ans de développement ont été nécessaire au père de l’intemporel Braid (que je vous présenterai sans aucun doute un jour) pour créer ce titre atypique. Un gros pari qui témoigne d’une certaine conception des jeux vidéos et qui clive inévitablement le public. Mais avant tout, c’est une expérience singulière qui nous est proposée. Immersion.

Les premiers pas dans The Witness ont de quoi décontenancer. Pas de musique, aucun didacticiel, aucun texte, même pas une voix off (façon The Cave par exemple) pour nous introduire ne serait-ce qu’une bribe d’histoire ou un soupçon de scénario. Seule interaction possible : se déplacer et parcourir les alentours. Aucune musique de tout le jeu. Vous avez bien lu. Le choix est fort, déconcertant et totalement déstabilisant. C’est dans le plus grand silence qu’il va nous falloir explorer l’île, dans une vue à la première personne, The_Witness_Egamerzet en découvrir tous les environnements, tous plutôt jolis, avec souvent des couleurs chatoyantes qui donnent une bonne ambiance au titre. Les seules interactions sonores nous sont proposées par des enregistrements sonores laissés par les habitants locaux.

Rapidement, on tombe sur notre première énigme et on met les pieds dans le plat. The Witness sera un puzzle game, où on ne meurt pas et où on réfléchit beaucoup. Sans fléchir ni se décourager, il va nous falloir venir à bout des nombreux casse-têtes pour avancer et arriver à notre but ultime : trouver une réponse au pourquoi du comment. Pourquoi notre personnage s’est réveillé sur cette île ? Qu’est-il arrivé à ses habitants ?

The_Witness_EgamerzL’intérêt principal du jeu réside dans son gameplay, beaucoup plus riche qu’il n’y paraît mais paradoxalement très compliqué à expliquer. La résolution d’une partie des énigmes se base en effet sur un système poussé de différentes « règles », qu’il vous faudra maîtriser puis combiner pour venir à bout de certains puzzles (couleurs, sons, formes, etc.). Honnêtement, difficile d’en dire davantage mais cet aspect extrêmement bien pensé vaut le détour et peut expliquer à lui seul l’intérêt de The Witness.

En résumé :
Déconcertant, The Witness est pourtant tout ce que l’on aime en indé. Seul petit bémol, son prix (36 euros) un peu excessif et qui pourra décourager de nombreux joueurs The_Witness_Egamerzpotentiels.
Mais il faut bien dire que Jonathan Blow, créateur du grandiose Braid, a pris un risque considérable en repensant complètement l’expérience de jeu et en changeant radicalement de concept de jeu, au risque de laisser sur le côté une partie de son public. Cet esprit de recherche perpétuelle, de créativité intense est au coeur de ce que doit être le jeu vidéo : un renouvellement constant qui met le joueur au coeur de nouvelles expériences vidéoludique. Résultat, nous avons en face de nous un titre unique, joli et singulier, qui nous tient en haleine une petite vingtaine d’heures et nous embarque dans une aventure qui nous marque. The Witness, c’est une certaine conception du jeu vidéo, qui affirme avec force sa singularité. Et pour tout ça, un seul mot s’impose : bravo !

Votre serviteur, admiratif, Murdoc.

Développeur et éditeur : Thekla, Inc.

Prix : 36,99 euros sur Steam

Plateformes : PC et PS4


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