Jeu indé de la semaine : Stasis

Written by on 24 septembre 2015

La chronique de Murdoc

Jeu indé incontournable de cette rentrée, Stasis n’est pas passé inaperçu, pour le meilleur ou pour le moins bon. Même si il n’est pas un coup de coeur absolu comme souvent dans cette rubrique, son statut d’immanquable valait bien le détour. On passe donc en revue les qualités mais aussi les quelques faiblesses de ce point’n’click à l’ancienne, pur produit de la culture indé.

Projet mené par deux frères programmeurs, Stasis nous met dans la peau d’un amnésique, réveillé dans une mystérieuse station spatiale où tout le monde semble avoir disparu. Peu Stasis_Egamerzà peu, alors que la mémoire lui revient, notre héros réalise que sa femme et sa fille manquent aussi à l’appel, et part à leur recherche dans l’inquiétante base spatiale. A travers un dédale de salles, il va falloir user de ses méninges pour venir à bout des différents problèmes qui se posent à nous.

Oui, Stasis est bien un point & click à l’ancienne. Au « bon » sens du terme ou plutôt au sens nostalgique. Pour déplacer votre personnage, il faut cliquer là où on veut aller, pour trouver de nouveaux objets il faut examiner TOUS les recoins de l’environnement. Et quand je vous dis tous, c’est vraiment tous. Stasis est ce genre de jeu où l’on peut galérer pendant deux heures sur une énigme, alors que l’objet dont on avait besoin se trouvait juste dans la salle à côté, bien planqué dans un casier qu’on aurait oublié de regarder ou sous une couverture qu’on aurait oublié de soulever. La perspective choisie et la faible luminosité seront vos deux pires ennemis dans cette recherche effrénée de l’objet salvateur. Le jeu est en effet extrêmement sombre et il n’est pas rare de mettre plusieurs secondes à bien appréhender une salle dans laquelle on vient d’entrer. Tout comme il n’est pas rare non plus de perdre son personnage de vue avant de le retrouver quelques instants plus tard, dissimulé par un pilier. Satanée perspective. Pour être sûr de ne rien laisser au hasard, cliquez partout et constamment (fastidieux me direz-vous…).

Stasis_EgamerzDe plus, il arrivera fréquemment qu’il faille combiner des objets pour en produire de nouveaux plus à même de vous débloquer. Pour cela, un discret menu s’active et se désactive en bas à gauche de l’écran et vous permet de tenter des associations. Souvent, on se retrouve à tenter de combiner tout et n’importe quoi en espérant fabriquer un nouvel objet qui pourra venir à bout d’une énigme. La chance sourit aux audacieux dit-on.

Avec son gameplay old-school, Stasis pourrait dont rebuter de nombreux joueurs qui s’offusqueraient d’une telle rigidité. Le rythme du jeu étant assez lent, cela pourrait ajouter à la frustration. Néanmoins, cette lenteur apparente possède certains avantages. Notamment pour appréhender l’histoire, complexe et mystérieuse. Le jeu est extrêmement narratif, le moindre objet que vous passez sous votre souris est décrit par une ou deux lignes de texte et vous trouverez sur votre route de nombreux ordinateurs et documents Stasis_Egamerzbourrés d’archives longues et complètes. Vous l’aurez compris, Stasis vous invite (pour ne pas dire vous force) à prendre votre temps. On vous rassure quand même, il est possible de courir dans le jeu ce qui vous permet de faire des aller-retours (et vous allez en faire) rapides entre les différentes salles du complexe. Très honnêtement, si vous tentez l’expérience, je vous invite à vous mettre à fond dans le jeu. Ses ambiances graphique et sonore sont excellentes et mettent vraiment la pression à certains passages. Et que dire de la cinématique du début, très jolie et très « Alien ». Les fans d’horreur dans l’espace apprécieront le clin d’oeil.

Résumé :
Pardonnons lui son gameplay rigide et sa difficulté parfois outrancière, Stasis est un vrai point’n’click pur sang, un genre compliqué à appréhender mais qui possède foule de qualités. Il est impossible de ne pas noter que Stasis est le fruit d’un travail colossal, du game design (la construction des salles,etc.) aux voice acting (doublage des personnages) en passant par le scénario, l’ambiance sonore, la bande-son ou encore les graphismes qui sont plutôt réussis. Son prix en revanche (25 euros) peut avoir un effet dissuasif considérable, et à juste titre (25 euros les gars quand même…). Dommage, vraiment. Car disons le sans détour, Stasis est un vrai bon jeu, à il est vrai difficile à appréhender de prime abord. Mais n’est ce pas cela aussi le jeu vidéo, se confronter à des choses qu’on ne maîtrise pas forcément  ?

Votre serviteur, Murdoc.


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