Edito de la semaine : Radios libres en danger

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Depuis 1994, les radios françaises sont soumises à un quota de chansons francophones pouvant aller de 35 à 60% (NDLR : loi « Toubon »). Or, cela pourrait bien changer si l’amendement passé en douce dans la nuit du 16 au 17 septembre dernier à l’Assemblée Nationale était promulgué dans le cadre du projet de loi « création, architecture et patrimoine« .

 

 

Cet amendement vise à « augmenter » la diffusion des chansons francophones les plus plébiscitées par les Français à la radio. En somme, le législateur s’improvise directeur artistique des radios, qui risquent d’être mises sous tutelle.

Est-ce une urgence ?

Entre 2003 et 2014, la production francophone s’est effondrée de plus de 60%, malgré les diverses dispositions d’aides considérables dont a bénéficié la filière musicale. Notez qu’aujourd’hui 83% de la production musicale française n’est pas francophone !
L’industrie du disque, en crise, a bien compris qu’il était temps de passer à l’action !
Bien souvent propriétaires ou actionnaires de plateformes telles que Deezer, Spotify et autres, les professionnels de la musique tentent à cette occasion d’éloigner les auditeurs des radios libres au profit des sites d’écoute payants précités, au détriment du respect des artistes.

Fleur Pellerin – Ministre de la Culture – répondait lundi 28 septembre, au micro de Léa Salamé sur France Inter, que ce projet de loi n’était pas liberticide, et qu’il abondait plutôt dans le sens des auditeurs. Ils n’écouteront plus « en boucle » « les 10 titres qui forment le top ten des chansons« . Seulement 2 ou 3 titres supplémentaires seraient programmés dans le cadre de ce projet de loi.

Le 29 septembre dernier, les radios des groupes Lagardère (Europe1, RFM, Virgin Radio), NRJ (NRJ, Nostalgie, Chérie FM, …) RTL (RTL, RTL2, Fun radio) ainsi que les indépendants ont suspendu « leur participation au dispositif des quotas francophones pour 24 heures. »

François Mitterrand changeait le P.A.F. en 1982 en ouvrant la modulation de fréquence (FM) aux radios privées, qui du fait devenaient libres. A l’inverse de son mentor, François Hollande, pourrait être l’artisan de la mort programmée des radios libres, si l’amendement était adopté par les députés. Il semblerait que la manifestation du 10-11 janvier dernier sur la liberté d’expression, soit tombée aux oubliettes.

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